Mauritanie : lente décrue des tensions sociales et politiques

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Près de cinq mois après son élection controversée, Ghazouani cherche à donner du sens à son statut de « président du consensus ». Ainsi, tente-t-il de faire baisser les tensions en engageant notamment un dialogue national avec les partis politiques de la majorité et de l’opposition.

Pouvoir et opposition décidés à tourner la page Aziz

Depuis son investiture, il y a près de cinq mois, le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani ne ménage aucun effort pour une décrue des tensions politiques dans son pays. Jugeant la question des résultats de la présidentielle tranchée, il a souhaité aller à l’essentiel (ou au plus pressé) c’est-à-dire au dialogue afin de garantir les droits politiques, économiques et sociaux de ses citoyens. Ainsi, a-t-il rencontré à tour de rôle les leaders politiques de la majorité de son prédécesseur Mohamed Ould Aziz (devenue sa majorité), ainsi que les principaux opposants. Parmi ceux-ci Ahmed Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des forces de progrès (UFP) et le député Biram Dah Abeid, arrivé deuxième lors de la présidentielle du 22 juin 2019. 

Au terme des discussions, les leaders politiques ont unanimement reconnu que le chef de l’Etat mauritanien faisait preuve d’«ouverture, de pondération et de modération». Ils se sont dit disposés « à trouver un terrain d’entente » avec le pouvoir. Mais cela passe notamment par l’abandon des poursuites judiciaires contre les opposants tels que Mohamed Ould Bouamatou et Limam Chavi’i. Ces leaders politiques sont accusés, respectivement, de corruption de l’élite mauritanienne et de complicité avec le terrorisme. Cette amnistie interviendra probablement le 28 novembre, jour de la célébration de la fête nationale.

Libération des prisonniers politiques ou d’opinion

Le président Mohamed Ould Ghazouani a pris certaines mesures qui devraient baisser le thermomètre sur le front social et réconcilier les ONG de droit de l’Homme avec Nouakchott. Il s’agit notamment de la libération du blogueur mauritanien Mohamed Mkhaïtir et de la réouverture prochaine de centres islamiques, dont celui du cheikh Deddew. Une telle décision pourrait être le prélude à la reprise des relations diplomatiques avec le Qatar.

Notons que le mercredi 6 novembre, neuf personnes arrêtées lors de manifestations post-électorales de juillet dernier, à Kaédi, ont été libérées. Par ailleurs, le gouvernement mauritanien a levé jeudi toute interdiction concernant l’inscription à l’université de bacheliers âgés de plus de vingt-cinq ans, qui pénalisait plus de quatre cents candidats. Selon des observateurs, « Il s’agit de mesures d’apaisement qui sont de nature à contribuer à plus de justice sociale ».

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Adrien
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